Oui, un Français peut travailler sur un bateau de croisière : la grande majorité des postes relèvent de l’hôtellerie et de la restauration (service, cuisine, cabines, réception, animation), le reste concerne la navigation, la machine et le service médical. Il faut en général avoir au moins 18 ans (21 ans chez certaines compagnies), parler anglais, détenir une formation de base à la sécurité (STCW), un certificat d’aptitude médicale de marin et, sur les navires qui font escale aux États-Unis, un visa C1/D. Les contrats durent le plus souvent de trois à neuf mois, pendant lesquels vous vivez à bord.
Ce guide détaille les métiers, les documents à obtenir, vos droits, la vie de l’équipage et la manière de postuler sans tomber dans une arnaque. Sources : textes de l’OIT et de l’OMI, ministère chargé de la mer, Département d’État américain et pages recrutement des compagnies, consultés le 5 octobre 2026.
L’essentiel pour travailler en croisière
- Âge : 16 ans minimum selon la convention du travail maritime, mais 18 ans chez MSC et 21 ans chez Princess Cruises.
- Langue : l’anglais est la langue de travail sur les grandes compagnies internationales.
- Sécurité : formation de base STCW (en France : certificat de formation de base à la sécurité, CFBS), à renouveler tous les cinq ans.
- Médical : certificat d’aptitude valable deux ans au maximum (un an pour les moins de 18 ans).
- Visa : C1/D pour les navires qui touchent un port américain.
- Contrat : de 3 à 9 mois selon le poste chez Princess Cruises, puis environ deux mois de congés.
- Recrutement : aucun frais ne peut être facturé au marin pour être embauché.
Les métiers à bord d’un bateau de croisière
Un navire de croisière fonctionne comme un hôtel et un village flottants. Les compagnies répartissent l’équipage en trois grands départements : l’hôtel, le pont et la machine. MSC Croisières range ainsi dans son département hôtel la cuisine, la restauration et les bars, l’accueil des passagers, l’entretien des cabines et la blanchisserie, l’animation, les boutiques et le casino, le spa et la direction hôtelière.
| Département | Exemples de postes | Profil recherché |
|---|---|---|
| Restauration et bars | Serveur, assistant serveur, barman, sommelier, maître d’hôtel | Expérience en restauration, anglais courant |
| Cuisine | Commis, cuisinier, chef de partie, pâtissier, boulanger | CAP ou diplôme de cuisine, expérience en brigade |
| Hébergement | Steward ou hôte de cabine, blanchisserie, gouvernance | Rigueur, endurance physique |
| Accueil et services | Réceptionniste, conciergerie, bureau des excursions | Langues étrangères, sens du service |
| Animation et spectacles | Animateur, animateur enfants, danseur, musicien, technicien son et lumière | Formation artistique ou expérience en animation |
| Commerce et bien-être | Vendeur en boutique, croupier, esthéticienne, coiffeur, coach sportif | Diplôme du métier, aisance commerciale |
| Pont | Officier de navigation, matelot, agent de sécurité | Diplômes et brevets maritimes |
| Machine | Officier mécanicien, électricien, électrotechnicien, technicien informatique | Diplômes techniques et maritimes |
| Médical | Médecin, infirmier | Diplôme d’État et expérience en urgence |
Les postes hôteliers sont les plus nombreux, mais les offres demandent le plus souvent une expérience préalable à terre dans le même métier. Les postes du pont et de la machine exigent en revanche des titres de formation professionnelle maritime, obtenus après un cursus spécifique (lycée maritime, école nationale supérieure maritime).
Croisière maritime ou fluviale : deux environnements différents
Sur les grandes compagnies maritimes, l’équipage compte des dizaines de nationalités et l’anglais est la langue de travail. Princess Cruises précise ainsi que tous les membres d’équipage doivent parler anglais dans les espaces passagers et pendant leur service.
Les bateaux fluviaux, beaucoup plus petits (souvent 100 à 200 passagers), naviguent sur les fleuves d’Europe et embarquent une clientèle souvent francophone sur les compagnies françaises. Les équipes sont réduites et les contrats souvent saisonniers. On y retrouve les mêmes familles de métiers : hôtellerie, cuisine, animation, matelots, commissaire de bord.
Les conditions requises
Âge minimum
La convention du travail maritime de 2006 (MLC 2006) de l’OIT fixe l’âge minimum à 16 ans. Les compagnies de croisière fixent toutefois leurs propres seuils, plus élevés : 18 ans chez MSC Croisières, 21 ans chez Princess Cruises.
Formation de base à la sécurité (STCW)
La convention STCW de l’OMI, adoptée en 1978 et révisée en profondeur par les amendements de Manille de 2010, fixe les normes minimales de formation des gens de mer. Tout membre d’équipage doit suivre une formation de base à la sécurité. En France, elle correspond au certificat de formation de base à la sécurité (CFBS), délivré par l’administration maritime, qui comprend quatre unités :
- techniques individuelles de survie (abandon du navire) ;
- prévention et lutte contre l’incendie ;
- premiers secours élémentaires ;
- sécurité des personnes et responsabilités sociales.
Les amendements de 2010 ont imposé une remise à niveau tous les cinq ans pour la survie et la lutte contre l’incendie, ainsi qu’une formation à la sûreté pour tous les marins. Sur les navires à passagers, des attestations spécifiques s’ajoutent selon le poste : familiarisation aux situations d’urgence, encadrement des passagers, sécurité pour le personnel en contact direct avec les passagers, gestion de crise et comportements humains. Princess Cruises indique que le certificat de sensibilisation à la sûreté (STCW Security Awareness) peut être obtenu dans un centre de formation agréé ou en ligne.
Certificat d’aptitude médicale
Selon la MLC 2006, le certificat médical d’un marin est valable deux ans au maximum, un an pour les moins de 18 ans. En France, seul un médecin du Service de santé des gens de mer (SSGM) peut délivrer un certificat valable pour naviguer sous pavillon français ; la validité est réduite à un an pour les mineurs, les plus de 55 ans, les personnels de veille à la passerelle et les personnes sous surveillance médicale particulière. Certaines compagnies font passer leur propre visite médicale : chez Princess Cruises, elle est réalisée par un centre ou un médecin agréé par la compagnie, dont la liste est communiquée après l’acceptation de l’offre.
Passeport et autres documents
Un passeport valide est indispensable. Certaines fonctions, surtout chez les officiers et maîtres du pont et de la machine, exigent aussi un livret professionnel maritime et des brevets STCW. Les documents demandés dépendent du poste et de la compagnie : ils sont listés dans l’offre d’emploi.
Le visa américain C1/D
Les compagnies dont les navires font escale aux États-Unis demandent à leurs équipages non américains un visa d’équipage. Princess Cruises l’impose à tout membre d’équipage qui n’est ni citoyen ni résident des États-Unis ou du Canada. Selon le Département d’État américain :
- le visa D concerne les personnes travaillant à bord de navires commerciaux, dont le personnel de service d’un navire de croisière (serveur, cuisinier, sauveteur, esthéticienne…) ;
- demandé en même temps que le visa de transit C-1, il peut être délivré sous la forme d’un visa combiné C1/D ;
- le titulaire d’un visa D (hors activités de transbordement) doit quitter les États-Unis à bord d’un navire dans un délai de 29 jours ;
- la demande passe par le formulaire en ligne et un entretien au consulat, où l’agent peut demander une lettre de l’employeur ou de son agent ;
- on peut demander ce visa sans être déjà employé, mais il ne permet d’entrer dans un port américain que si l’on travaille sur le navire à bord duquel on arrive.
La convention du travail maritime précise que les frais de visa sont à la charge de l’armateur et non du marin. Vérifiez dans votre contrat qui règle ces frais et comment ils sont avancés.
Le contrat de travail et vos droits
Le travail à bord des navires de commerce est encadré par la MLC 2006 de l’OIT, entrée en vigueur le 20 août 2013. Elle couvre l’âge minimum, le contrat d’engagement maritime, la durée du travail et du repos, les salaires, les congés, le rapatriement, les soins médicaux, le logement et la nourriture, ainsi que les procédures de plainte. Les points à connaître avant de signer :
| Sujet | Ce que prévoit la MLC 2006 |
|---|---|
| Contrat | Un contrat d’engagement maritime écrit, signé par le marin et l’armateur |
| Travail et repos | Au maximum 14 heures de travail par période de 24 heures et 72 heures par période de 7 jours ; ou au minimum 10 heures de repos par 24 heures et 77 heures par 7 jours |
| Fractionnement du repos | En deux périodes au plus, dont une d’au moins 6 heures |
| Salaire | Versé à des intervalles n’excédant pas un mois, avec un relevé mensuel |
| Congés payés | Au moins 2,5 jours civils par mois de service |
| Durée à bord | Rapatriement dû avant 12 mois de service ; en pratique 11 mois au maximum sans congé |
| Recrutement | Aucun frais de recrutement à la charge du marin (seuls le certificat médical, le livret professionnel et le passeport peuvent rester à sa charge) |
En pratique, Princess Cruises annonce des contrats de trois à neuf mois selon le poste, suivis d’environ deux mois de congés, et prend en charge le vol entre l’aéroport désigné et le navire au début de chaque contrat. Le droit applicable dépend aussi du pavillon du navire et de la convention collective éventuelle : lisez le contrat en entier avant de signer.
La vie à bord : conditions de travail et de logement
Travailler en croisière, c’est vivre pendant plusieurs mois sur son lieu de travail. Princess Cruises prévient qu’il faut s’attendre à travailler sept jours sur sept, de 10 à 13 heures par jour selon les postes, dans les limites fixées par la MLC.
| Aspect | Ce qu’indiquent les compagnies |
|---|---|
| Logement | Cabine partagée avec un collègue pour la plupart des postes, hors encadrement |
| Repas | Restaurants d’équipage dédiés (équipage, personnel, officiers) |
| Uniformes | Fournis gratuitement pour la plupart des postes |
| Soins | Consultations et traitements à bord pris en charge ; débarquement médical en cas de problème grave |
| Internet | Wi-Fi dans les espaces d’équipage, avec accès limité à certaines applications de messagerie |
| Loisirs | Installations réservées à l’équipage (bar, salle de sport, parfois piscine) ; la plupart des espaces passagers ne sont pas accessibles |
| Escales | Descente à terre possible en dehors des heures de service |
La vie en communauté, l’éloignement des proches et l’absence de week-end sont les contraintes à peser avant de partir. À l’inverse, logement, repas et trajets aller-retour étant fournis, les dépenses courantes sont faibles pendant le contrat.
Quel salaire sur un bateau de croisière ?
Les compagnies ne publient pas de grille de salaires sur leurs pages recrutement : Princess Cruises indique seulement que le salaire est versé chaque mois, à terme échu. Les montants varient selon le poste, la compagnie, le pavillon, l’expérience et, pour certains métiers du service, la part de pourboires ou de commissions. Plutôt que de vous fier à des moyennes non vérifiables, comparez les offres réelles sur ces points :
- salaire de base mensuel, brut ou net, et devise de paiement ;
- part variable (pourboires, commissions sur ventes) et mode de calcul ;
- durée du contrat et congés entre deux contrats (payés ou non) ;
- prise en charge des vols, de la visite médicale, des formations et du visa ;
- couverture sociale (santé, retraite, chômage) et assurance ;
- fiscalité : selon votre situation, renseignez-vous auprès de l’administration fiscale avant de partir.
Comment postuler
Les grandes compagnies recrutent par deux canaux : leur portail carrières, où l’on dépose CV et documents, et un réseau d’agences de recrutement (« manning agencies ») agréées, par pays. MSC Croisières renvoie ainsi vers ses partenaires de recrutement selon le pays du candidat ; Princess Cruises publie la liste des seules agences autorisées à recruter pour elle.
- Candidature en ligne sur le site carrières de la compagnie ou via une agence agréée qu’elle cite.
- Examen du dossier : MSC indique un délai de quelques semaines à un mois avant que les candidats retenus soient contactés.
- Entretien(s), souvent en anglais et à distance, parfois avec un test pratique.
- Offre écrite précisant le poste, la durée et le salaire.
- Visite médicale, formations de sécurité, demande de visa C1/D si nécessaire.
- Affectation sur un navire et vol vers le port d’embarquement.
Attention aux arnaques. MSC Croisières et Princess Cruises affirment qu’elles et leurs partenaires ne facturent jamais de frais pour une candidature ou un recrutement. La MLC 2006 interdit d’ailleurs de faire payer au marin son recrutement. Une « agence » qui réclame un paiement pour un entretien, une formation obligatoire auprès d’elle ou une réservation de poste doit être évitée. Vérifiez toujours qu’elle figure sur la liste publiée par la compagnie.
Si vous préférez découvrir la croisière côté passager avant de vous engager, notre guide pour bien choisir sa croisière présente les différents types de navires et la vie à bord.
À lire aussi : les plus grands bateaux de croisière et notre guide Costa Croisières.
Questions fréquentes sur le travail en croisière
Peut-on travailler sur un bateau de croisière sans expérience ?
C’est difficile : la plupart des offres demandent une expérience à terre dans le même métier (restauration, cuisine, réception, animation) et un bon niveau d’anglais. Commencez par acquérir cette expérience, puis postulez sur les sites carrières des compagnies.
Quel est l’âge minimum pour travailler en croisière ?
La convention du travail maritime fixe l’âge minimum à 16 ans, mais les compagnies fixent leurs propres seuils : 18 ans chez MSC Croisières, 21 ans chez Princess Cruises.
Quelle formation faut-il pour travailler sur un paquebot ?
Tout membre d’équipage doit suivre une formation de base à la sécurité (STCW) ; en France, c’est le certificat de formation de base à la sécurité (CFBS), à renouveler tous les cinq ans pour la survie et la lutte contre l’incendie. Des attestations spécifiques aux navires à passagers et un certificat d’aptitude médicale sont aussi exigés.
Combien de temps dure un contrat sur un bateau de croisière ?
Chez Princess Cruises, de trois à neuf mois selon le poste, suivis d’environ deux mois de congés. La convention du travail maritime impose un rapatriement avant 12 mois de service.
Faut-il un visa pour travailler sur un bateau de croisière ?
Pour les navires qui font escale aux États-Unis, un visa d’équipage C1/D est demandé aux membres d’équipage non américains. Il s’obtient après un formulaire en ligne et un entretien au consulat américain ; selon la MLC, les frais de visa sont à la charge de l’armateur.
Combien gagne-t-on sur un bateau de croisière ?
Les compagnies ne publient pas de grille de salaires : le montant dépend du poste, de la compagnie, de l’expérience et de la part de pourboires. Le salaire doit être versé au moins une fois par mois selon la MLC 2006 ; comparez les offres écrites avant de vous engager.
Faut-il payer une agence pour être recruté ?
Non. La convention du travail maritime interdit de faire supporter au marin des frais de recrutement, et MSC Croisières comme Princess Cruises affirment ne jamais en facturer. Une demande de paiement est un signal d’arnaque.
Quels métiers sur un bateau de croisière ?
Surtout des métiers de l’hôtellerie et de la restauration : serveur, barman, cuisinier, steward de cabine, réceptionniste, animateur, vendeur ou esthéticienne. Le pont et la machine (navigation, mécanique) demandent des diplômes maritimes, et un service médical complète l’équipage.
Nos sources
- Organisation internationale du travail (OIT) : présentation de la convention du travail maritime 2006 et foire aux questions officielle (durée du travail et du repos, certificat médical, recrutement, salaires, congés, rapatriement), consultées le 5 octobre 2026.
- Organisation maritime internationale (OMI) : présentation de la convention STCW et des amendements de Manille.
- Ministère chargé de la mer : santé, sécurité au travail et aptitude médicale des gens de mer ; schéma des attestations de formation professionnelle maritime.
- Fiche de certification du certificat de formation de base à la sécurité (CFBS), Intercariforef / France compétences.
- Département d’État des États-Unis : page « Crewmember Visa » (visa C1/D).
- MSC Croisières : page recrutement « Onboard roles ».
- Princess Cruises : foire aux questions sur l’emploi à bord.
- Notre démarche : méthodologie.
Article mis à jour en octobre 2026.






