L’EES (Entry/Exit System, ou système d’entrée/de sortie) est le fichier informatique européen qui enregistre, à chaque passage de frontière extérieure, les voyageurs non européens venus pour un court séjour : identité, photo du visage, empreintes digitales, date et lieu d’entrée et de sortie. Il remplace les tampons sur le passeport. Lancé le 12 octobre 2025, il est pleinement opérationnel depuis le 10 avril 2026. Les Français n’y sont pas soumis.
Ce guide s’appuie sur le site officiel de l’Union européenne (travel-europe.europa.eu/ees) et sur la page de la Commission européenne consacrée au système, consultés le 23 octobre 2026. Il s’adresse aux Français qui voyagent avec un conjoint, un enfant ou un ami non européen, aux binationaux et aux résidents étrangers en France, car ce sont eux qui se posent le plus de questions.
L’essentiel sur l’EES
- Concerne les ressortissants de pays tiers en court séjour (90 jours sur toute période de 180 jours), avec ou sans visa.
- Ne concerne pas les citoyens de l’UE, ni ceux de l’Islande, du Liechtenstein, de la Norvège et de la Suisse.
- 29 pays européens l’utilisent ; il remplace le tampon sur le passeport.
- Données : passeport, photo du visage, 4 empreintes digitales (pas d’empreintes avant 12 ans), dates et lieux d’entrée et de sortie.
- Gratuit et automatique : il n’y a aucune demande à faire ni rien à payer.
- À ne pas confondre avec l’ETIAS, autorisation de voyage payante à demander en ligne.
Qu’est-ce que l’EES ?
Selon le site officiel de l’UE, l’EES est un système informatique automatisé qui enregistre les ressortissants de pays tiers voyageant pour un court séjour chaque fois qu’ils franchissent les frontières extérieures des pays européens qui l’utilisent. Il enregistre aussi les refus d’entrée. La Commission européenne indique que 29 pays européens l’appliquent et qu’il remplace le cachet sur les passeports depuis le 10 avril 2026, ce qui permet de détecter automatiquement les dépassements de séjour. Le système est développé et géré par l’agence européenne eu-LISA.
La mise en service a été progressive : du 12 octobre 2025 au 9 avril 2026, les pays ont introduit les différents éléments par étapes, la collecte biométrique n’étant pas encore faite partout. Depuis le 10 avril 2026, l’EES fonctionne à tous les points de passage des frontières extérieures des pays qui l’utilisent (FAQ officielle).

EES, ETIAS, passeport : ne pas mélanger
| EES | ETIAS | Passeport français | |
|---|---|---|---|
| Nature | Enregistrement automatique à la frontière | Autorisation de voyage à demander avant le départ | Document de voyage |
| Qui ? | Non-Européens en court séjour | Non-Européens dispensés de visa | Citoyens français |
| Démarche | Aucune (passage au guichet ou borne) | Demande en ligne payante, une fois le système lancé | Demande en mairie |
| Concerne un Français ? | Non | Non | Oui |
Pour les détails propres à chaque dispositif, voyez nos guides ETIAS et passeport. L’EES n’impose aucune démarche préalable : méfiez-vous de tout site qui propose de « s’inscrire à l’EES » contre paiement.
Qui est concerné par l’EES ?
Le système vous concerne si vous êtes ressortissant d’un pays tiers et que vous venez pour un court séjour, que vous ayez besoin d’un visa de court séjour ou non. « Ressortissant de pays tiers » désigne une personne qui n’a la nationalité d’aucun pays de l’UE, ni de l’Islande, du Liechtenstein, de la Norvège ou de la Suisse.
Selon la page officielle « À qui l’EES ne s’applique-t-il pas ? » (base juridique : article 2, paragraphe 3, du règlement (UE) 2017/2226), sont notamment exemptés :
- les ressortissants des pays européens utilisant l’EES, ainsi que de Chypre et de l’Irlande ;
- les ressortissants de pays tiers titulaires d’une carte de séjour et proches parents d’un ressortissant de l’UE ;
- les titulaires de titres de séjour et de visas de long séjour ;
- les ressortissants d’Andorre, de Monaco et de Saint-Marin, et les titulaires d’un passeport du Vatican ou du Saint-Siège ;
- les personnes venues dans le cadre d’un transfert intragroupe, de recherche, d’études, de formation, de volontariat, d’échange d’élèves ou au pair ;
- les personnes exemptées de vérifications aux frontières (chefs d’État, diplomates accrédités, travailleurs frontaliers…), les titulaires d’un permis de franchissement local de la frontière, certains équipages de train.
Votre situation : arbre de décision
Synthèse Destination de Voyage d’après les règles officielles ci-dessus (en cas de doute, la page officielle fait foi) :
| Situation | Enregistré dans l’EES ? |
|---|---|
| Vous êtes Français (ou citoyen d’un autre pays de l’UE, d’Islande, du Liechtenstein, de Norvège, de Suisse) | Non |
| Binational franco-américain, franco-marocain… | Non si vous voyagez avec votre passeport français ; un document européen vous place hors du champ |
| Étranger résidant en France avec un titre de séjour | Non (titre de séjour ou visa long séjour) |
| Conjoint non européen d’un Français, avec carte de séjour | Non |
| Conjoint non européen d’un Français, sans carte de séjour, en vacances avec lui hors de France | Oui, mais avec des règles allégées (conservation 1 an, pas de calcul de la durée de séjour) |
| Ami américain, britannique, japonais en vacances | Oui |
| Touriste avec un visa Schengen de court séjour | Oui (empreintes déjà dans le VIS : seule la photo est ajoutée) |
Comment se passe le premier passage ?
D’après la page « Comment fonctionne l’EES ? » :
- Premier passage depuis l’introduction de l’EES : l’agent photographie le visage et/ou relève les empreintes digitales, et crée un dossier numérique. Aucun cachet n’est apposé, que le passeport soit biométrique ou non.
- Pré-enregistrement possible : sur une borne en libre-service quand il y en a, ou avec une application mobile si le pays d’arrivée ou de départ la propose. Vous passez ensuite quand même devant un agent.
- Passages suivants : l’agent vérifie seulement l’empreinte ou la photo. Avec un passeport biométrique et une borne disponible, le passage peut se faire sans agent si rien ne s’y oppose dans le dossier.
- Refus : refuser de fournir ses données biométriques entraîne un refus d’entrée.
Un passeport biométrique n’est pas obligatoire pour entrer : selon la FAQ officielle, les passeports valides, biométriques ou non, sont acceptés ; le passeport biométrique sert seulement à utiliser les bornes automatiques.
Quelles données sont enregistrées, et combien de temps ?
L’EES collecte les données du document de voyage (nom, prénoms, date de naissance…), la date et le lieu de chaque entrée et sortie, l’image faciale et les empreintes digitales, ainsi que les éventuels refus d’entrée. Pour un voyageur dispensé de visa, le système conserve quatre empreintes et l’image faciale ; pour un titulaire de visa, seulement l’image faciale. Les empreintes des enfants de moins de 12 ans ne sont pas relevées, même s’ils sont soumis à l’EES.
| Données | Durée de conservation |
|---|---|
| Fiches d’entrée, de sortie et de refus d’entrée | 3 ans à compter de leur création |
| Dossier individuel | 3 ans et 1 jour après la dernière sortie (ou le refus d’entrée) |
| Aucune sortie enregistrée | 5 ans après la fin du séjour autorisé |
| Membre de la famille d’un citoyen de l’UE sans document de séjour, qui l’accompagne | 1 an après la fiche de sortie |
Exemple calculé par Destination de Voyage d’après ce tableau : une amie canadienne qui quitte l’espace Schengen le 20 août 2026 sans y revenir verra son dossier effacé automatiquement le 21 août 2029 (3 ans et 1 jour). Chaque nouveau voyage repousse ce délai.
90 jours sur 180 : l’EES fait le calcul
Le court séjour est limité à 90 jours sur toute période de 180 jours, tous pays utilisant l’EES confondus. Avec l’EES, ce calcul est automatique : le voyageur peut demander à l’agent la durée restante, utiliser l’outil en ligne « Vérifiez la durée pendant laquelle vous pouvez séjourner » du site officiel, ou les bornes de certains postes. En cas de dépassement, il est inscrit sur une liste consultable par les autorités, avec des conséquences possibles selon le pays : éloignement, amende, rétention, interdiction de revenir. Des éléments crédibles (une hospitalisation, par exemple) peuvent permettre d’être retiré de la liste.
L’application « Travel to Europe »
L’application officielle permet aux voyageurs soumis à l’EES, titulaires d’un passeport biométrique, d’enregistrer leur passeport, leur photo et le questionnaire d’entrée dans les 72 heures avant le passage. Lors de notre consultation, le site officiel indiquait qu’elle était utilisable en Suède (passeport, photo et questionnaire) et au Portugal (questionnaire seulement) ; les autres pays pourront la proposer plus tard. Elle est facultative et ne remplace pas le contrôle.
Ce que cela change pour un Français
- Vous voyagez seul : rien ne change, vous passez par les files UE/EEE/Suisse.
- Vous accueillez des proches non européens : prévenez-les que le premier passage comprend photo et empreintes, et que le tampon a disparu ; c’est l’EES qui fait foi pour leurs 90 jours.
- Ils devront aussi demander l’ETIAS quand ce système ouvrira, s’ils sont dispensés de visa : voir notre guide ETIAS.
- Pour vos propres voyages hors d’Europe, d’autres pays ont leurs autorisations électroniques : ESTA aux États-Unis, ETA au Royaume-Uni.
Questions fréquentes sur l’EES
Les Français sont-ils concernés par l’EES ?
Non. L’EES ne s’applique qu’aux ressortissants de pays tiers, c’est-à-dire aux voyageurs qui n’ont la nationalité d’aucun pays de l’UE, ni de l’Islande, du Liechtenstein, de la Norvège ou de la Suisse.
L’EES est-il payant ?
Non. Il n’y a ni demande ni paiement : l’enregistrement se fait au passage de la frontière. Ne le confondez pas avec l’ETIAS.
Depuis quand l’EES est-il en place ?
Il a été lancé le 12 octobre 2025 de manière progressive et il est pleinement opérationnel depuis le 10 avril 2026.
Les enfants donnent-ils leurs empreintes ?
Non avant 12 ans : leurs empreintes ne sont pas relevées, même s’ils sont soumis à l’EES. La photo du visage reste enregistrée.
Combien de temps les données EES sont-elles conservées ?
En général 3 ans (fiches de passage) et 3 ans et 1 jour après la dernière sortie (dossier individuel) ; 5 ans si aucune sortie n’est enregistrée.
Faut-il un passeport biométrique avec l’EES ?
Non, les passeports valides non biométriques restent acceptés. Le passeport biométrique sert à utiliser les bornes automatiques.
Nos sources
- Union européenne, travel-europe.europa.eu/fr/ees : « Qu’est-ce que l’EES ? », « À qui l’EES ne s’applique-t-il pas ? », « Comment fonctionne l’EES ? », « Données contenues dans l’EES », « Application mobile Travel to Europe » et FAQ, consultés le 23 octobre 2026.
- Commission européenne, DG Migration et affaires intérieures, page « Entry/Exit System » (mise à jour le 10 avril 2026), consultée le 23 octobre 2026.
- Règlement (UE) 2017/2226 du 30 novembre 2017, cité par le site officiel.
Article mis à jour en octobre 2026.